jeudi 13 août 2015

Un we d'anniversaire pas comme les autres



Avoir la chance de fêter un anniversaire en Antarctique, ça n’arrive pas tous les jours! 

Ça avait commencé par une journée des plus normales, levé aux alentours de 9h pour aller au labo et commencer une analyse (CPG) qui me prendra au final toute la journée, car même en ce jour, je suis de service. Pas de chance, Guillaume, mon collègue Glacio, était lui de service base. 

Mais avec un choix judicieux pour le repas de midi, steak tartare accompagné de son gratin dauphinois, une petite salade de poissons en entré et l’inévitable gâteau au thé brun (merci mamie pour la recette), l’après-midi passa somme toute assez vite. 

Le temps de prendre une douche et de se changer, et c’est l’heure de l’apéro! Les Claire & Co ont préparé un super apéro dinatoire fait de toasts jambon/chèvre/herbes & saumon/câpre, de roulés aux escargots, de tapenade… et pour ceux qui avaient encore fin, il y avait bien le repas classique. Puis vient le moment incontournable, véritable tradition à DDU, le gâteau fait par le pâtissier. Qui encore une fois, c’est donné à 100%. 

26 ans déjà...
Sacré déco!
J’avais réalisé celui du midi, le gâteau au thé brun, et avait demandé une tarte tatin et sa glace à la vanille pour le soir. Une réussite, comme vous pouvez le voir! Le goût était au rendez-vous, sans parler de la déco! Un assemblage fait maison, une imitation presque parfaite des « Kinder surprise », dont je suis un inconditionnel depuis ma plus tendre enfance. Encore merci à tous ceux qui auront fait de cette journée, un moment inoubliable. 

Un Kinder pas comme les autres
Ne travaillant pas le we (merci Guillaume), et le soleil faisant une entrée remarquée (on ne l’avait plus vu depuis un bon mois), on en profite pour aller se balader dans le chaos après la manip vivre et avant que celui-ci ne disparaisse à nouveau car il est encore un peu fatigué et se couche aux alentours de 15h. On en profitera quand même bien car, c’est une zone où nous n’avons pas l’habitude d’aller et qui se révélera superbe, surtout avec le coucher de soleil. 

Coucher de soleil sur le chaos
Même pas retouché!
Le lendemain (dimanche pour ceux qui ne suivraient pas), nouvelle balade mais cette fois-ci en longeant le continent un peu plus loin que la veille en direction de Prud’Homme (la base d’été qui est sur le continent à 5km de DDU), puis retour en passant par Gouverneur (une île à 3km de la base) et un berg surprenant en bas de la pente Glacio. 

La sortie, c'est tout droit
Les couleurs au coucher du soleil sont toujours aussi belles tandis que le chaos recèle de formes surprenantes!
Coucher de soleil sur DDU
Dans le chaos
C'est ici pour les photos portraits?!
Un bon petit we en résumé :)

Un we réussi













mercredi 29 juillet 2015

Un soir à DDU




Même si le mois de juillet est bien entamé à présent et que les jours sont de plus en plus longs, nous pouvons encore profiter de belles nuits étoilées. Et c’est par une de ces soirées, que le projet LT, ou plus communément le projet Lanternes Thaïlandaises, a commencé. Rendons à César ce qui est à César, c’est notre médecin qui a eu l’excellente idée d’acheter ces lanternes et qui a managé le projet. 

Une nuit où les 2 conditions impératives pour pouvoir lancer les lanternes sont réunies, à savoir un temps clair et un vent quasi nul, des premiers tests sont réalisés afin de régler les questions techniques et les appareils photos pour garder une trace de ce moment inoubliable à coup sûr. Nous sommes plusieurs photographes disséminés sur et autour de la base. Pour ma part, j’ai choisi des réglages similaires à ceux qu’on utilise pour les aurores, c’est-à-dire : ISO800, F3.5 et 15‘’. 

1er essai et réglages
Le lendemain, la météo étant de nouveau clémente et les tests s’étant bien déroulés, le choix est fait de faire un 1er jet d’une vingtaine de lanternes. Malheureusement, le vent est plus capricieux que la veille et il s’avère très difficile d’allumer les lanternes. Surtout qu’il faut les allumer dans un délai relativement court, la 1ére allumée ne doit pas s’éteindreavant que la dernière soit allumée, car le tout doit être lâché au même moment. Mais bon, ce n’est pas grave, puisque nous sommes habillés chaudement, autant en profiter pour admirer le ciel étoilé. 

Ciel étoilé à DDU
Surtout que comme nous avons de la chance, une aurore montre le bout de son nez juste à ce moment-là!! 

Aurore australe
Vous noterez ce petit rayon vert qui n’est autre que le LIDAR et que je prendrais soin de vous expliquer dans un prochain article. 

Oh tiens, un rayon vert ?!
Finalement, comme les éléments sont avec nous, le soir suivant, les conditions optimales sont de nouveau réunies. Par contre, le point de lancer a été changé afin de faciliter l’allumage des lanternes qui se fera cette-fois en intérieur. 

Et c’est parti!!
Départ
Une fois les réglages faits, il suffit d’appuyer sur le déclencheur pour prendre les photos et on peut donc même en tant que photographe profiter du moment. Même si le rendu photo n’est pas identique au visuel, c’était quand même super chouette! Mais attention, elles montent super vite et en quelques minutes, finissent par s’éteindre. 

En plein vol

Ce n’est pas tout, mais il fait quand même frisquet dehors! On rentre donc bien vite au chaud pour boire un verre et en discuter. 

Composition de toutes les images prises

A quand le second lancer?!















jeudi 9 juillet 2015

Les poupoux!


Je sais que mes articles ne sont pas toujours d’actualité mais pour une fois, vous aurez l’info en avant-première!
Un œuf venant d'éclore il n'y a pas si longtemps!
Ils sont là!! Et oui, après 2 mois d’attente, les premiers poussins ont enfin vu le jour ce 6 juillet. Ce jour-là, ne pouvant aller les voir car sur une manip de glaciologie, vous me direz pour une fois J, j’y suis allé le lendemain avec Claire (une des ornitho) pour espérer les observer lors d’une de ses manips acoustique, dont je vous parlerez une prochaine fois.

Manchotière un jour de neige
Après un petit moment passé à observer la manchotière, les premiers bruits se font entendre, car c’est avant tout à l’oreille qu’on les repère. En effet, outre leur taille qui ne doit pas excéder une dizaine de centimètres, ils sont encore dépendants thermiquement de leurs parents.Ceux-ci doivent donc encore les garder à l’abri du froid jusqu’à ce qu’ils s’émancipent thermiquement, dans 1 mois environ. Ils pourront alors affronter le monde extérieur.

Un poussin encore sur sa coquille!

Ne pouvant garder secret la naissance de leur progéniture, ils l’exposent aux yeux de tous! Ils en profitent aussi pour le nourrir, chanter avec lui, et bien vérifier qu’il est toujours là!!

A table!

La dernière ponte ayant été observée le 4 juin, on aura peut-être la chance d’observer des naissances jusqu’au début du mois d'août! Donc vous aurez probablement le droit à d’autres photos, plus belles encore je l’espère!
Pour certains, il faudra encore attendre...
Les poussins, bien reconnaissable à leurs "lunettes"



mardi 26 mai 2015

La manchotiére dans tous ses états!



Ils arrivent!!

Un petit saut dans le temps pour vous ramener jusqu’à nos jours! Je quitte momentanément le récit de mes aventures mais ne vous inquiétez pas, vous saurez bientôt ce qui s’est passé à Noël…

Tout cela pour vous dire une chose ULTRA importante, ce mardi 12 mai, nous avons vu notre 1er œuf de manchot Empereur!!! Mais entrons un peu plus dans les détails depuis le retour de la manchotière.
Alors pour commencer, le terme manchotière désigne le lieu où se reproduisent ces petits animaux, enfin pas si petits puisqu’ils peuvent mesurer jusqu’à 1m20. 

Ils étaient partis fin janvier pour aller se dorer la pilule au soleil en bord de banquise, muer et se nourrir avant d’affronter l’hiver suivant. Ils sont donc revenus tous beaux, tous fringants et bien repus à la mi-mars. Entre ces 2 périodes, on a bien croisé quelques spécimens dans le coin, mais ils n’étaient là que pour le tourisme! Ou peut-être était-ce pour reconnaître les lieux… Il y a donc eu pas mal d’allées et venues avant que la manchotiére ne s’établisse vraiment. Les arrivées se sont poursuivies tout au long du mois de mars et d’avril pour atteindre près de 7000 individus fin avril, soit 1000 de moins par rapport à l’année dernière. 


La parade accompagnée du chant

Dès leur arrivée, la phase de parade commence, il faut bien trouver l’âme sœur, et autant en profiter si on est arrivé en avance! Chez un Empereur, être un mâle est une chance car comme les femelles sont plus nombreuses, elles doivent« littéralement » se battre pour former un couple.


Bagarre entre 2 femelles

 Des couples identiques aux années précédentes peuvent se former mais les femelles célibataires font tout pour casser les couples nouvellement constitués et trouver l’amour!

S’en suit la phase de copulation. Et oui, il faut bien essayer d’assurer la pérennité de l’espèce… Les premières copulations ont été observées mi-avril et s’étalent sur 2 mois.


Pas timide du tout!

Et paf ça fait des Chocapic… Le 1er œuf a été observé le 12 mai après plusieurs jours de tempête. 

Puis vient la phase de passation, qui se déroule actuellement. Après s’être épuisée à pondre, la femelle doit retourner en mer pour se nourrir et récupérer des forces en prévision du nourrissage du poussin qui fera son apparition dans environ 2 mois. Avant de partir, elle doit d’abord passer l’œuf au mâle! 


Et hop, bien au chaud!

Cette opération est plutôt délicate car l’œuf ne doit pas rester trop longtemps sur la glace. En seulement 2h, l’œuf est complètement gelé et commence à se fissurer, mais il est perdu bien avant ça... Les deux partenaires effectuent donc cet échange avec une précaution infinie, ce qui fait que cela peut durer plusieurs heures. 

Oeufs abandonnés...

Il n’est pas rare que les jeunes manchots inexpérimentés échouent et perdent leur œuf à ce moment critique du cycle. A contrario, les individus expérimentés choisissent généralement de s’isoler du groupe et effectuent cet échange en périphérie, afin d’être tranquilles et à l’abri des mouvements de la colonie. Monsieur va donc couver cet œuf pendant 2 mois et aura donc ainsi jeûné durant environ 110 jours au total, depuis son arrivée à la colonie et jusqu’à ce que sa chère et tendre vienne prendre le relais. 


Vérification: ok!

Une fois la passation terminée, la femelle et le mâle chantent à plusieurs reprises, en s’assurant que l’œuf est bien au chaud puis la femelle s’en va en direction de l’eau libre… De son côté, le mâle rejoint les autres, pour se prémunir du froid et des tempêtes à venir en formant des tortues (formations serrées au sein desquelles il peut faire jusqu’ 30°C). 


Formation d'une tortue à l'approche d'une tempête

Pendant cette période d’incubation, c’est malheureusement aussi la période des 1ers œufs abandonnés… Il arrive qu’en début ou à la fin d’une tempête,  lorsque la tortue se forme ou se disloque, certains soient bousculés ou glissent en tentant de rejoindre le groupe et perdent leur œuf, ou alors qu’il y ait des rapts (des individus en échec et sans œuf qui tentent de s’accaparer l’œuf d’un autre).

Les premiers poussins devraient pointer le bout de leur bec aux alentours de début juillet, la suite très prochainement !